Société
Vol de lémuriens au Zoo d'Upie : deux multirécidivistes écopent de 18 mois ferme

Ce 1ᵉʳ avril, le tribunal correctionnel de Valence a statué. Quatre ans et demi après le vol de dix lémuriens et de deux tamarins à lèvres blanches au zoo d’Upie (Drôme), deux hommes aux casiers judiciaires bien fournis – 17 condamnations pour l’un, 22 pour l’autre – ont écopé de 18 mois de prison ferme. L’un est originaire de l’Ardèche, l’autre de Grenoble.
Un cambriolage ciblé
Le 23 août 2021 au matin, les propriétaires du Zoo d'Upie découvrent avec stupeur la disparition de dix lémuriens et d'un couple de tamarins à lèvres blanches. Ce vol, soigneusement planifié, représente un véritable crève-cœur pour l'équipe de soigneurs et de vétérinaires dédiés à la protection de ces espèces menacées. Les malfaiteurs ont pénétré par effraction dans le parc, ciblant spécifiquement les enclos des primates.
Derrière ce geste, aucun réseau structuré. Juste deux hommes, manifestement familiers des tribunaux, mais peu initiés à la discrétion. Huit des lémuriens volés seront retrouvés une semaine plus tard dans le coffre d’une voiture, entassés dans des cages, à l’issue d’un contrôle routier près de Livron-sur-Drôme. Le conducteur, identifié comme Manu Bossan, est immédiatement placé en garde à vue.
L’autre, Sabri Azzouz, 26 ans, se pensait peut-être à l’abri
Les investigations se poursuivent, s'appuyant sur des renseignements anonymes, des vidéos diffusées sur Snapchat et des écoutes téléphoniques, permettant d'identifier le principal auteur du vol : Sabri Azzouz. Il faudra des mois de travail aux gendarmes de Chabeuil, épaulés par l’OCLAESP (Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement), pour remonter le fil de cette équipée misérable.
Des prévenus sur la défensive
Le principal mis en cause, originaire de Grenoble, a tenté de se distancier totalement des faits qui lui sont reprochés. Il affirme n’avoir été qu’un simple acheteur, sans lien avec le vol :
« J’ai juste acheté un lémurien mille euros sur Snapchat, mais il ne ressemblait pas assez à un sphynx alors je l’ai rendu », déclare-t-il à la barre.
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Le second prévenu, identifié comme le receleur, nie lui aussi toute implication dans le cambriolage. Selon lui, il ignorait tout de l’origine des primates : « On m’a juste demandé de récupérer ces ‘affaires’ et de les garder un peu », tente-t-il de justifier.
Des explications qui provoquent la colère de la procureure, indignée par la légèreté des propos tenus.
« Ce ne sont pas des affaires mais des animaux vivants que vous avez entassés dans des cages à lapins ! On en parle de la maltraitance animale ? » fulmine la magistrate, dénonçant une banalisation choquante de la souffrance animale.
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« Une décision qui reconnaît la gravité des actes commis »
Au moment du jugement, Alexandre Liauzu, le directeur du parc, a salué une décision à la hauteur du préjudice : « C’est une décision qui reconnaît la gravité des actes commis et l’impact sur notre travail de conservation. ». Les deux hommes ont été reconnus coupables de « vol par ruse » et devront également indemniser le zoo. Une maigre consolation pour l’institution qui, depuis l’affaire, a renforcé ses dispositifs de sécurité, alors que trois animaux n’ont jamais été retrouvés. La blessure, elle, reste ouverte.
Le zoo d’Upie, qui abrite plus de 700 animaux sur six hectares, a depuis revu en profondeur ses dispositifs de sécurité. Une réponse nécessaire, mais amère. Car il ne s’agissait pas d’un braquage à grand enjeu ni d’un coup monté par des trafiquants internationaux. Seulement de deux hommes, coutumiers des petites combines, qui ont cru bon de transformer des primates en marchandise.
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2 commentaires
Victoria
Que ces pourris soit punis à la hauteur de la Souffrance de ces pauvres animaux...c est écœurant...toujours les mêmes qui agressent et massacrent...
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